Qu’est-ce que la mondialisation ? La discussion doit s’ouvrir !

Airbus en ligne de mire

Par Denis Langlet

Qu’est-ce la mondialisation ? Quelles sont les caractéristiques précises de cette phase du capitalisme ? Personne ne peut échapper à la nécessité absolue de définir ensemble ces caractéristiques. Bien sûr, cette phase a un tronc commun avec les précédentes. Ce qui la différencie exige la plus grande clarté. Car c’est à partir de ces différences que « la mondialisation », c’est à dire la domination du capital financier, peut s’imposer à l’échelle internationale.

La mondialisation, c’est d’abord la conséquence de la dérégulation financière à l’échelle internationale. Dès l’instant où il fut possible pour le capital d’investir dans des cibles financières permettant d’obtenir un retour sur investissement à deux chiffres (plus de 10 %), alors les détenteurs de capitaux exigèrent chaque jour un plus que ces taux de rendement soient ceux obtenus dans toutes les activités, dont l’industrie. Dans une situation où l’ensemble du marché mondial est unifié et en même temps borné par la rétraction/stagnation de la capacité d’achat dans chaque composante mondiale, le coût du Travail devient la cible essentielles de tous les plans de productivité et profitabilité exigés par les actionnaires. En effet seul ce paramètre, élément constitutif du prix de revient industriel leur est accessible pour augmenter la marge grâce à sa variabilisation.[1]

L’aéronautique se trouve dans la tourmente de la finance.

Chacun a pu noter la baisse spectaculaire sur les marchés financiers de la valeur Airbus. Par exemple, l’action Airbus, une des plus importantes cotations du CAC 40 à Paris, a durant le premier semestre 2017 encore chuté de 14 %. Que se passe-t-il ? N’est-ce pas le signe d’une offensive de certaines multinationales appuyées par certains fonds de placement pour le démantèlement du groupe Airbus ? Un tel démantèlement ne permettrait-il pas de faire place nette à d’autres ! Qui ?

Nous proposons là à nos lecteurs de faire part dans ces colonnes de leur avis, expérience, connaissances afin de réaliser ensemble un dossier fondé sur des sources vérifiées, fournissant les informations les plus utiles pour empêcher un tel forfait d’être réalisé. Ce dossier sera bien entendu disponible à tous ceux engagés dans cette résistance à la finance et convaincu de la possibilité de dresser une protection infranchissable à ce patrimoine industriel irremplaçable.

Personnellement je fournirai un premier article sur l’historique du groupe Airbus et les circonstances exceptionnelles dans laquelle le groupe français « aérospatiale » est devenu leader mondial dans l’aéronautique civile devançant Boeing & Co.

 

Denis LANGLET le 21/10/2017

[1]   Variabilisation. Le coût du travail est, pour l’employeur au moment de l’adoption de son budget annuel prévisionnel, un coût fixe. Chaque composante est réglementée, le taux horaire par la convention collective, les cotisations sociales par la législation, enfin le code du travail impose des normes strictes dans le domaine des postes de travail et des caractéristiques des constructions (bureau, bâtiment) dans lesquels évolue la force de travail et ce en conséquence des garanties exigées dans les domaines de l’hygiène et de la sécurité au travail. S’il existe de plus une certaine liberté de négociation, comme celle définie par la loi du 11 février 1950 en France, alors non seulement ces coûts sont incompressibles mais en général, par le biais de lutte des classes, ils ont tendance à augmenter. Grâce à l’évolution de la législation, les possibilités de variabiliser les coûts fixes se sont développées. Ainsi les externalisations, c’est-à-dire la mise en sous-traitance ou délocalisation, transforme la nature du contrat liant à l’employeur, les services et ateliers concernés. Globalement le contrat devient, pour le donneur d’ordre un contrat commercial avec le sous-traitant. Et comme pour tout contrat commercial, à chacune de ces renégociations le donneur d’ordre peut demander, au nom de la répartition des gains de productivité à obtenir une baisse des prix. Bien entendu, tout cela n’a d’intérêt que si rien ne menace la réalisation de la marge elle-même. Un des moyens est le transfert des risques de l’investisseur sur la force de travail. Ce transfert est une des origines de la création et de l’explosion des contrats de travail précaires tandis que, simultanément, les grands donneurs obtiennent des gouvernements exonérations et dérogations. Ces exigences de rentabilité financière pour les actionnaires amènent au bouleversement de toutes les structures juridiques. Actuellement à un bout se trouve la société transnationale, en position de monopole et à l’autre bout l’auto-entrepreneur, forme juridique concentrant tous les risques sur elle-même. Les seules protections existantes pour ces « nouveaux aventuriers » sont fournies par les acquis sociaux (droit à l’allocation chômage comme rémunération de l’auto-entrepreneur lui-même…)

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Auteur : Philosophie et Politique

Je publie ici articles, interventions, conférences depuis plus de 20 ans. Ce site un nouvel avatar des sites sur Viabloga et Blogger.

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