Festival de langue de bois et mépris du peuple

par Denis Collin

La « langue de bois » a décidément infecté tout le débat public dans ce pays. Les LREM et leurs amis, y compris nombre de posts FB ne savent visiblement plus ce que parler veut dire — à moins qu’ils ne le fassent exprès. « Mais non ce n’est pas la rue qui a chassé les nazis » ou « la rue amène le nazisme ». Ou, plus sophistiqué, « c’est la classe bourgeoise qui a fait la révolution française » et des centaines de sornettes de la même farine.
Quand Mélenchon parle de « la rue » il reprend seulement le mot généralement à connotation méprisante qu’utilisent les « grands » et qu’a utilisé Macron depuis les USA (spécialité de cet homme: insulter les Français depuis l’étranger). Et « la rue », c’est tout mouvement populaire et pas seulement les manifestations Bastille-République. Ce sont les grèves, les pétitions, les concerts de casseroles, etc. : tout ce qui exprime l’action directe du peuple sur le terrain politique, c’est-à-dire tout ce par quoi le peuple se fait peuple et cesse d’être simplement le sujet assujetti au pouvoir politique.

Mélenchon s’est contenté de rappeler l’action du peuple, sa puissance quand il se met en mouvement, sa puissance révolutionnaire, y compris contre les pires tyrannies et donc, a fortiori, sa puissance potentielle contre les tyranneaux du genre Macron. Dans tous les grands bouleversements, c’est le peuple qui a le dernier mot: « le rassemblement au grand jour des opprimés contre leurs oppresseurs » comme le disait Trotsky pour caractériser une révolution. Cela ne veut pas dire que le mouvement populaire est le seul facteur : les contradictions chez les dominants jouent évidemment un rôle important. A ceux qui ignorent ce qu’est le peuple, il faut aussi rappeler que la guerre suppose aussi l’action du peuple. Contre les rois et les nobles d’Europe, ce fut la levée en masse. Contre le nazisme, ce furent les grands mouvements patriotiques un peu partout. Croit-on que les Soviétiques auraient pu résister à Hitler et finalement le vaincre sans la puissante ferveur patriotique des peuples de l’Union Soviétique?
La querelle faite à Mélenchon par toutes sortes de «malins » est révélatrice/ Tous ces gens qui répètent «démocratie » méprisent profondément la démocratie, c’est-à-dire la puissance d’agir du « demos ».

 

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Auteur : Philosophie et Politique

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